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BESOIN d'un TEMPS de PAUSE

Le 30 octobre 2013, 15:00 dans Famille 0

j'ai encore du mal à bien maitriser l'utilisation de ce site, mais je vais m'obstiner...

Je continue à rédiger "mes mémoires"... Mais faire remonter les souvenirs cela ne se fait pas sans douleur, voilà pourquoi j'ai besoin de ce temps de pause

A bientôt

L'EFFONDREMENT...

Le 30 octobre 2013, 14:50 dans Famille 1

Comment décrire la sensation d'horreur que CE MOT "ACCIDENT" déclenche brutalement dans mon esprit. Ma tête bourdonne de ce mot que je voulais "effacé" à jamaisi de ma mémoire :

ACCIDENT - A-CCI-DENT ! Pas ENCORE ! PAS LUI !

JE NE VEUX PAS ! C'est IMPOSSIBLE !

Le foudroiement provoqué par cette annonce nous a tous tétanisé un instant. Peu a peu chacun de nous réagit enfin :

les un s'effondrent, les autres s'affolent : par quoi commencer, appeler le CHU ? Partir pour MARSEILLE ?

Ma tête fonctionne au ralenti.... Je veux rejoindre mon petit, VITE, VITE, VITE !! Cette idée lancinante, puis de plus en plus forte, m'envahit, me submerge, tout mon être aspire à rejoindre mon fils, mon enfant, mon bébé. Il a besoin de moi et je suis si loin de lui... Comment agir au plus vite ?....

Ce sont les prières qui jaillissent spontanément du fond de mon coeur : "Mon Dieu protège le, aide-le, aide-nous, Fais que ce ne soit rien, que nous puissions encore partager en famille de nombreux moments (les bons comme les plus difficiles), fais que.... que...

QU'IL VIVE !!!"

Je ne sais pas comment j'arrive à joindre au téléphone le service de réanimation de la TIMONE. On nous informe que Y. a eu un accident à quelques kilomètres à peine de son lieu de départ. De l'hôpital de Brignole, il a été transféré par le SAMU chez eux....Son état est très sérieux, il est victime d'un traumatisme crânien grave....

Mon Dieu, la sirène, que nous avions entendue ! C’était donc pour lui !!

En quelques secondes, la vie de notre famille vient brutalement d'être frappée par UN SEISME dont nous ignorons encore toutes les conséquences....

LA REA : Un mot que j’avais banni de mon esprit…

Dans l’affolement, l’énervement, nous sommes montés dans la voiture… Il nous fallait vite, vite, nous rendre à la Timone…. Y. avait besoin de nous !

Notre fils ainé, sa compagne et ma sœur Z. et son mari nous ont suivi… Heureusement ! Alors que nous n’avions franchis que quelques kilomètres mon mari a brutalement arrêté de conduire, en plein milieu de la route. Il s’est effondré sur le volant en proie à une profonde détresse et un chagrin violent ! Mon beau frère a du prendre le volant de notre voiture. Moi, je restais prostrée, plongée dans mes prières qui seules me semblaient me rapprocher de mon petit...

Nous avons roulé en silence. Je revivais avec violence et un déchirement douloureux le premier accident de Y.… Il n’avais alors que 15 ans. C’était impossible, impossible qu'il puisse revivre les mêmes souffrances ! Il fallait que ce ne soit rien !

Et puis j’ai pensé à sa force de caractère, à sa volonté et j’ai prié encore pour qu'il surmonte avec courage cette nouvelle épreuve.

Lorsque nous sommes arrivés au CHU, les parents de ma future belle-fille étaient déjà là, prévenus par leur fille… et aussi nos voisins et amis de l'époque…

L'état de Y. est très grave, il faut attendre. Je n’ai plus aucune notion des heures passées dans cet horrible couloir des Urgences, drôle de salle d’attente. Il y faisait très froid. Un interne est venu nous informer que tu avais un traumatisme crânien avec fracture ouverte à la tête et un hématome cérébral. Il te faut une intervention en urgence. Un neurochirurgien a été appelé. L’attente s’est poursuivie, personne ne parlait. Tous nous étions plongés dans nos pensées…

 

 

 

Le jour où tout bascule...

Le 22 octobre 2013, 19:26 dans Famille 0

25 décembre 1992...

- Bon, M'man; je ne vais pas tarder à y aller... Si "TU" ne veux pas que je roule de nuit !...

- Yann, stop ! Ne me met pas en boîte ! C'est NOEL aujourd'hui ! O.k., si tu veux partir, vas-y, va !

- Ca va, dis que tu te barbes avec nous ! Enfin, il faut bien que jeunesse se passe...

- Bon aller, j'y vais : Bisous tout le monde... 

 

Je revois la scène comme le souvenir d'un rêve... Y. rassemble ses affaires, ses cadeaux. J'éprouve un sentiment de fierté devant la désinvolture et l'aisance de mon fils n° 2. Il a 20 ans, il "présente bien" comme le dit la Mémé  (son arrière-grand-mère maternelle). Il embrasse la famille par ordre de priorité (!)...

Il termine sa tournée par son père, et moi... sa mère.

Bien évidemment, par habitude les recommandations d'usage fusent de toutes parts.

- Surtout, n'oublie pas d'appeler dès que tu rentres à la maison.

- Mais oui, M'man...

- Mais ce petit est sérieux, ne t'inquiète pas souligne mémé. Il conduit très bien, et prudemment...

Y. a conduit son grand-père et la mémé depuis L. (83), dans le var où nous avions fêté le réveillon de Noël la veille, jusqu'à P-V (83) où nous nous sommes retrouvés tous en famille ce 25 décembre 1992.

Je dois reconnaître que de mes deux garçons "nouveaux conducteurs", Y. est le plus cool. Pour lui l'importance de la voiture se résume à l'indépendance qu'elle lui offre. Ni "Fana" de voiture, ni de vitesse, ou de performance.

Un dernier bisou, (je sais qu'il n'aime pas trop ces manifestations de tendresse !). E., son frère aîné l'accompagne jusqu’à sa fiat UNO. Il est environ 16 heures......

« Tiens vous entendez la sirène des pompiers… Encore un accident !... » Remarque l’un d’entre nous, il doit être entre 16 h 15 et 16 h 30.

Notre après-midi s'écoule en toute quiétude et convivialité, les uns chahutent, les autres jouent, certains se laissent aller à une douce somnolence. Le bonheur d'un après-midi de Noël en famille... 

Nous avons attendu l'appel de Y. à partir de 18 h 30... 19 h... 20 h... rien, rien, RIEN...

Nous pensons qu'il a pu oublier ses clés de la maison. Nous imaginons donc qu'il s'est rendu, peut-être, chez un voisin ou un copain… et que dans l’euphorie de ses retrouvailles avec ses amis il n'a pas pris le temps de nous appeler…Nous avons beaucoup de difficulté à joindre quelqu’un.

20 H 30, le téléphone sonne : Gilles, un copain voisin, nous apprend avec émotion qu'il a trouvé un mot de la gendarmerie sur notre boîte aux lettres : Y. a été transporté par le SAMU de  l'hôpital de B. au C.H.U. de la TIMONE à MARSEILLE, suite à un ACCIDENT de la route GRAVE...

 

 

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